Archives 2016

Automne 2016

BENJAMIN SEROR
Date : Mercredi 28 septembre 2016 à 12h45
Local : Local R-M120
Adresse : 315 rue Ste-Catherine Est, Montréal
Partenaire : Biennale de Montréal

Entrée libre

Benjamin Seror (né en 1979 à Lyon, vit et travaille à Bruxelles) donne à voir le fruit d’une réflexion sur la transmission de l’histoire en questionnant la mise en scène possible de notre mémoire à la fois réelle et fictive. Les histoires qu’il raconte peuvent aussi bien guider le spectateur aux portes de l’enfer qu’à danser toute une nuit au son délicat du Perfect Kiss de New Order. La musique occupe une place importante dans les performances où l’artiste occupe simultanément la place d’auteur, d’interprète et de musicien.

Il a récemment a présenté ses performances dans des institutions muséales ainsi que dans le cadre d’événements de performances en France, aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Belgique.

NADIA BELERIQUE
Date : Mercredi 12 octobre 2016 à 12h45
Local : Local R-M120
Adresse : 315 rue Ste-Catherine Est, Montréal
Partenaire : Biennale de Montréal
Conférence disponible sur Vimeo

Entrée libre

Les installations de Nadia Belerique traitent de la nature complexe de la perception tout en questionnant le rôle des images et de leur performativité dans la culture contemporaine. Son œuvre se situe à la croisée du fait à la main et des hautes technologies, et fait appel à de multiples couches de production, allant de l’agencement d’objets et d’images trouvés à leur transformation en imprimés photographiques par numérisation. La présentation de ces images comme partie intégrante d’environnements sculpturaux ajoute de la profondeur à l’expérience qu’on peut en faire dans l’espace.

Dans ses œuvres sculpturales les plus récentes, Belerique explore le motif du lit – lieu de repos, de passion, de rêve et de langueur. Les associations psychologiques intimes liées à ce motif sont toutefois ici effacées par le caractère public de l’expérience offerte par l’espace d’exposition, ainsi que par l’utilisation que fait l’artiste de matériaux industriels comme l’acier soudé et le verre givré.

Née à Toronto en 1982, Nadia Belerique vit et travaille à Toronto. Belerique a récemment présenté ses œuvres à la Gwangju Biennial, à Gwangju, Corée du Sud (2016), à l’Art Gallery of Hamilton, Ont. (2015) ; au Power Plant, à Toronto (2015) ; à la Tomorrow Gallery, à New York (2015) ; et à la Kunsthalle Wien, à Vienne (2014). Elle a reçu le Toronto Friends of the Visual Arts’ Artist Award (2015), le BMW Exhibition Prize, Scotiabank CONTACT Photography Festival, Toronto (2014), et le Emerging Art Award, Toronto Arts Council, Toronto (2012).

NICOLAS MAVRIKAKIS
Titre : Pierre Ayot par Nicolas Mavrikakis
Date :
 Jeudi 20 octobre 2016 à 17h30
Local : Salle d’exposition de la Grande Bibliothèque, niveau Métro
Adresse : 475 Boul. de Maisonneuve Est, Montréal
Partenaire : Bibliothèque et Archives nationales du Québec

L’événement Pierre Ayot par Nicolas Mavrikakis est exceptionnel dans la programmation ICI par sa forme, son contenu et son sujet. Au contraire de la forme habituelle des évènements ICI (conférence monographique ou dialogique ou encore table ronde), celui-ci aura lieu à  la Grande Bibliothèque et prendra la forme d’une visite commentée de lexposition Pierre Ayot – Regard critique par Nicolas Mavrikakis, commissaire de l’exposition conçue et réalisée par Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Cet événement s’adressera particulièrement à la communauté uqamienne.

Le contenu de cette exposition, lié à neuf autres expositions dont celles de la Galerie Graff, de la Fondation Guido Molinari, de la Galerie Joyce Yahouda, du Centre d’artistes B-312 et du Musée d’art de Joliette, est d’une grande actualité tant par sa multidisciplinarité que par son point de vue critique sur la société.

Enfin, l’événement permettra de mieux connaître l’artiste exceptionnel qu’a étéPierre Ayot. Ainsi, il y a 50 ans, Pierre Ayot a créé l’Atelier Graff, un centre de production en gravure, qui est devenu un partenaire culturel majeur dans le développement des lieux de diffusion parallèles et qui se positionnaient à l’encontre des galeries commerciales et des musées. De plus, comme plusieurs artistes d’art contemporain canadien disséminés entre Vancouver, Toronto, Montréal et Halifax, il a su arrimer son engagement dans le milieu de l’art avec un dévouement impressionnant qui s’est déployé d’abord à l’École de Beaux-Arts et ensuite à l’UQAM où ses projets artistiques et éducatifs innovateurs ont été par la suite un legs précieux pour l’École des arts visuels et médiatiques. 

Les membres de la communauté uqamienne sont chaleureusement invités àparticiper à cet événement exceptionnel.

La conférence sera suivie d’une réception animée par une discussion informelle à l’UQAM à 19h au J-6110 Pavillon Judith-Jasmin.

EMMA WALTRAUD HOWES, HANNA SYBILLE MULLER, ADVA ZAKAI, ANNE THÉRIAULT ET JULIE FAVREAU
Titre : Points de rencontre : Arts visuels et Arts vivants
Date :
 Jeudi 27 octobre 2016 à 12h30
Local : Usine C
Adresse : 135 avenue Lalonde, Montréal
Partenaires : La Fonderie Darling et le Festival Actoral

Une table organisée par : Le Programme ICI, la Fonderie Darling et le Festival Actoral
Modératrice : Manon De Pauw

L’expérimentation interdisciplinaire entre les arts visuels et la danse, menée par les artistes et les chorégraphes, constitue l’une des avenues les plus riches et excitantes de l’évolution de l’art et de la culture depuis au moins un siècle.

Dans le cadre de cette table ronde, nous avons invité quelques artistes travaillant principalement en Europe et au Québec, afin de proposer un éventail de pratiques variées et caractéristiques de la richesse de ces recherches situées aux frontières des disciplines.

Les artistes présenteront leurs projets récents mettant en exergue leurs pratiques mêlant les langages de la chorégraphie, des arts visuels et de l’écriture, pour ensuite échanger entre eux et avec le public.

Biographies

Manon De Pauw

La démarche de Manon De Pauw se matérialise sous diverses formes : monobande, installation vidéo, vidéo-performance, dispositif interactif, photographie. Elle est issue de questionnements sur l’accélération du rythme de vie, sur le tempo mécanisé du quotidien, sur les gestes qui nous lient aux autres et à soi-même. Ses œuvres comprennent toujours un élément chorégraphique, que ce soit par leur structure temporelle ou par la prédominance du corps dans l’image. Manon De Pauw vit et travaille à Montréal. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions personelles et collectives, événements et festivals au Canada, en Europe et en Amérique Latine, notamment au Musée d’art contemporain de Montréal (2006), au Centro Nacional de las artes à Mexico (2006), à la galerie g39 à Cardiff en Angleterre (2005) et au Musée national des beaux-arts du Québec (2004)

Emma Waltraud Howes

Danseuse et chorégraphe, Emma Waltraud Howes travaille dans le cadre d’une pratique artistique conceptuelle plus large, en mettant l’accent sur la performance, la sculpture, le son et les différents médias 2D. Son travail actuel est guidé par des observations sur les gestes contemporains vers le développement d’une pratique chorégraphique élargie; sur les caractères corporels et les objets matériels qui peuvent être vus comme des sujets empathiques se révélant au travers d’une réconciliation des dualismes corps-esprit. Ses projets récents personnels et collaboratifs comprennent: the distance between nowhere and now here, Blackwood Gallery, Mississauga (2016), How far is here, MAGO B, Eidsvoll Verk, Norvège (2015), et Ankyloglossia (n. tongue-tie), Künstlerhaus Bethanien, Berlin (2014). Elle vie et travail à Berlin, Allemagne.

Hanna Sybille Müller

Hanna Sybille Müller est un chorégraphe, danseuse et professeur de danse. Elle vie à Berlin et Montréal. Elle a étudié la pédagogie de la danse et de la danse sur scène à l’Académie de Danse de Rotterdam (RDA) et a reçu son diplôme en 2012 en tant que spécialiste de la communication à l’Université des Arts (UdK). En 2005, elle a pris part au programme de résidence du Festival de danse ImPulsTanz Web à Vienne. En 2007, elle a reçu la bourse de danse du Sénat de Berlin, 2012-2013, elle a reçu le financement initial de recherche SELF-MADE # 1 avec Marcello Silvio Busato et Irina Müller origine résultant. Elle participait dernièrement à l’édition 2016 de la Third Floor Residency à l’Usine C. En tant que chorégraphe, elle a créé de nombreuses pièces courtes qui ont été exposées internationalement, WEIGHT FOR SOMETHING TO HAPPEN (2012) avec Ayara Hernández Holz, LAYER#1 (2010) avec Laurent Dailleau, HIDDEN (2008) avec Leja Jurisic. Depuis 2006, elle travaille avec Eva Meyer-Keller sur des projets de performance et vidéo et d’un film. En tant qu’interprète, elle a travaillé avec les compagnies Isabelle Schad, Volker März, Martin Nachbar, Two Fish, deufert&plischke, et compagnie s-h-i-f-t-s. Hanna Sybille a enseigné à UdK Arts (Université des Arts de Berlin) et au (Zürcher Hochschule der Künste) ZHdK.

Adva Zakai

Adva Zakai est née en Israël et réside actuellement en Europe où elle enseigne la pratique de la performance à l’Art Academy Kask en Belgique et anime des ateliers dans diverses écoles de danse et d’art. Elle a étudié la danse en Israël, puis a poursuivi ses études en mime à Amsterdam. Au cours des dernières années, Zakai a exploré plusieurs formes de performances où elle a assumé le rôle de chorégraphe, de performeuse ou d’organisatrice. Ses chorégraphies explorent souvent le lien entre le corps et le langage et comment ces éléments sont-ils perçus l’un dans l’autre. Ses performances évoquent également une expérience qui peut être saisie de multiples perspectives et peuvent être présentées en théâtres, en centres d’art, dans des appartements ou sur des plateformes Web. La pratique d’Adva Zakai se base sur une collaboration avec d’autres artistes sur des projets participatifs, des conférences et des festivals.

Julie Favreau

Julie Favreau poursuit des recherches de mises en scène de performeurs dans des systèmes qui mélangent vidéo, sculpture et installation. Au croisement entre l’art visuel et la chorégraphie, sa pratique est basée sur l’invention de gestes à partir d’objets (sculptures) ou inversement, sur l’invention de sculptures à partir de gestes. Ses projets récents racontent des histoires formelles et sensorielles, hors du temps, mais au coeur de l’humain et de l’affect. Son travail a été montré/présenté dans plusieurs contextes allant des expositions en galeries, aux festivals, en passant par les spectacles sur scène. En 2011 elle participe à la Triennale Québécoise au MACM. En 2012, elle a reçu la bourse de fin d’études supérieures en art contemporain Claudine et Stephen Bronfman et était finaliste à la longue liste du Prix artistique Sobey. Installée pour trois ans dans l’un des huit ateliers montréalais de la Fonderie Darling, elle travaille actuellement à un cycle de création qui comprendra des propositions sculpturales, vidéographiques, photographiques et performatives pour différents événements et lieux d’exposition: le festival Actoral, Marseille-France, la galerie de la Fonderie Darling et Battat Contemporary, Montréal.

Anne Thériault

Depuis 2005, Anne Thériault collabore à titre d’interprète avec  Marie Brassard, Nicolas Cantin, Danièle Desnoyers, Frédérick Gravel, Jean-Sebastien Lourdais, Frédéric Tavernini et Dave St-Pierre. Depuis 2004, elle valorise beaucoup la création en collaboration, notamment avec Martin Messier, Lynda Gaudreau et quelques collectifs dont le La 2e Porte à Gauche, Le  P.I.Q.U.A.N.T et  POP. Anne partage également sa pratique et ses valeurs artistiques via l’enseignement.

MARY SHERMAN
Titre : Mary Sherman – Painting: In Praise of Frozen Sound
Date :
 Mercredi 2 novembre 2016 à 12h45
Local : R-M120
Adresse : 315 rue Ste-Catherine Est, Montréal
Partenaire : Oboro

Entrée libre

La pratique artistique de Mary Sherman se situe au croisement de la peinture, de la sculpture, de l’installation et de la performance. La peinture est cependant ce qui génère ses oeuvres: elle s’intéresse à ses mystères du passé, à ses formes actuelles et à ses possibilités futures. Son travail récent consiste à introduire, avec l’aide d’outils mécaniques et numériques, la peinture dans le domaine du temps et de l’espace, mais jamais au détriment de sa charge physique ou psychologique.

Par le son et le toucher, l’artiste suggère une approche de la peinture alternative à celle qui est le plus souvent mise de l’avant : celle qui favorise l’oeil à l’oreille. Ses installations récentes, telles que Delay et Fugue, qui ébranlent les perceptions traditionnelles de la peinture en mettant de l’avant le sens de l’ouïe, seront présentées par Mary Sherman lors de sa présentation dans le cadre du programme ICI.

Mary Sherman est une artiste et commissaire qui vit et travaille aux États-Unis. Elle est directrice de TransCultural Exchange, organisme à but non lucratif qu’elle a fondé en 1989 qui donne l’opportunité à des artistes de voyager et d’échanger avec d’autres artistes à travers le monde. Elle a reçu plusieurs prix et bourses, dont deux bourses Fulbright, et a fait plusieurs résidences dans des institutions telles que le MIT et le Taipei Artist Village. Son travail artistique a été présenté, entre autres, au Musée des Beaux-Arts de Kuandu, au musée WUK de Vienne, à l’Académie des Beaux-Arts de Trondheim, à l’Université de sciences et technologie de Chine et à la Galerie Trans Hudson à New York.

La conférence est présentée par le Programme ICI en collaboration avec OBORO

Veuillez noter que la conférence sera donnée en anglais. Une traduction spontanée sera offerte.

STÉPHANE QUERREC
Titre : Conférence de Stéphane Querrec
Date :
 Mercredi 9 novembre 2016 à 12h45
Local : R-M120
Adresse : 315 rue Ste-Catherine Est, Montréal
Partenaire : EAVM
Modérateur : Paul Landon

Entrée libre

Dans les années 50, le poète Jean Genet écrivait à propos des sculptures d’Alberto Giacometti : « Une oeuvre d’art ne s’aborde pas – qui ne s’en doutait? – comme une personne, comme un être vivant, ni comme un autre phénomène naturel ». Depuis les années 70, cependant, l’historien de l’art Michael Fried s’inquiète de la grandissante théâtralisation de l’expérience esthétique qui, selon lui, propose un rapport du spectateur à l’œuvre comparable à celle que l’on a avec une personne, menaçant par là d’absorption et de perte de repère le regardant.

Lors de sa conférence dans le cadre du Programme ICI, Stéphane Querrec abordera la question du rôle de la place publique dans sa démarche actuelle, et présentera ses propres stratégies de distanciation pour questionner, investiguer et troubler le spectateur d’aujourd’hui, certes « émancipé », mais trop souvent assuré de sa position.

Né en France et basé à Berlin, Stéphane Querrec est un artiste transdisciplinaire. Il travaille avec une variété de médias, notamment le texte, la vidéo, la fiction au cinéma, la scène de théâtre ou l’espace public, et explore la place du spectateur devant la re-présentation pour en déjouer les attentes. Son travail artistique et cinématographique a été présenté à travers l’Europe dont, parmi d’autres, au Musée dArt Contemporain KIASMA Helsinki, à bAsis Frankfurt, au Kunstverein de Bonn et au Festival du Film de Glasgow. Stéphane Querrec est actuellement artiste en résidence à la Place des Arts de Montréal, où il présente sa nouvelle création « La Complainte » sur la Mosaïque d’écrans du couloir de l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme.

L’artiste tient à remercier la Place des arts et le Consulat Général de France au Québec pour leur important soutien au projet.

VIKKY ALEXANDER
Titre : Vikky Alexander
Date :
 Mercredi 23 novembre 2016 à 12h45
Local : R-M120
Adresse : 315 rue Ste-Catherine Est, Montréal
Partenaire : Faculté des arts

Figure de proue du mouvement photo-conceptualiste de Vancouver, Vikky Alexander a passé la grande partie de sa vie entre cette ville et New York. Cette oscillation entre les deux côtes nord-américaines se reflète dans sa pratique où le réel et l’idéal, l’ironie et la séduction, et l’art et l’artefact s’opposent et se confrontent. Derrière la beauté et la fantaisie de ses images d’architecture, de design et de mode veille la figure insistante d’un désir toujours insatisfait. Ian Wallace écrit au sujet de la pratique de Vikky Alexander : « Alors que l’aspiration de l’art conceptuel a été de présenter des images critiques qui contredisent et brisent ces fantasmes (de la modernité) avec la force de la réalité, l’œuvre de Vikky Alexander projette l’indulgence brute à l’intérieur de ces fantasmes, augmentant ainsi notre appréhension et nos angoisses au sein de ces mêmes fantasmes. » *

Son travail, mêlant sculpture, collage, installation et photographie a été présenté dans de nombreuses expositions individuelles et collectives qui méritent mention, dont au Whitney Museum of American Art, à la Dia Art Foundation, à la Yokohama Civic Art Gallery, à la Barbican Art Gallery de Londres, au Musée des Beaux-Arts de Tapei, et, plus récemment, au Musée d’Art Contemporain d’Anvers. Ses œuvres se trouvent également dans les collections du Los Angeles Museum of Contemporary Art, de l’International Center of Photography à New York, du Musée des Beaux-arts du Canada et de la Deste Foundation à Athènes. Elle est représentée par Trépanier Baer Gallery à Calgary, Wilding Cran à Los Angeles et Cooper Cole à Toronto.

« While the aspiration of much conceptual art has been to present critical images that contradict and shatter these fantasies with the force of reality, Vikky Alexander’s work projects the raw indulgence that exists on the inside of these fantasies, heightening our apprehension and anxieties of them from within. » (Wallace, Ian. Review, CAG Catalogue, 1999)

Hiver 2016

JULIE BAWIN
Titre : L’ARTISTE COMMISSAIRE DANS SON HISTOIRE ET SON ACTUALITÉ
Date :
 Vendredi 18 mars 2016 à 17h30
Local : 527 (Édifice Belgo)
Adresse : 372 rue Ste-Catherine Ouest, Montréal
Partenaire : Département de sciences historiques de l’Université de Liège et FNRS

Aujourd’hui, nous sommes habitués à ce que des plasticiens, des écrivains, des cinéastes, des stylistes, et même des joueurs de football, soient invités à mettre en scène des œuvres conservées dans un musée. Nous ne sommes pas davantage surpris de voir des artistes exposer leurs pairs, diriger des manifestations artistiques internationales, s’associer à des curateurs de profession ou, à l’inverse, être les commissaires de leurs propres expositions. L’artiste serait-il devenu un nouveau professionnel de l’art ou, comme l’aurait dit Marcel Broodthaers, un « administrateur culturel » ? À vrai dire, les choses sont plus complexes car cette figure de l’artiste commissaire, désormais si influente, reste profondément ancrée dans un système de valeurs et d’exigences qui, depuis la fin du XIXe siècle, oscille entre le compromis et la transgression, entre le souci d’être à la fois dans l’institution et horsd’elle.

La visée du travail de Julie Bawin est précisément de montrer comment la figure de l’artiste commissaire s’est imposée au gré d’une histoire longue et complexe qui tient tant aux diverses stratégies déployées par les créateurs qu’aux transformations progressives du paysage institutionnel de l’art. Cette histoire est d’autant plus importante à analyser qu’elle ne révèle pas seulement une évolution du statut de l’artiste et du métier de commissaire, mais un phénomène plus large qui pose la question de l’exposition comme méta-œuvre et, plus encore, comme lieu et instrument de pouvoir.

(Extrait de la 4e de couverture de l’ouvrage de J. Bawin, L’artiste commissaire : entre posture critique, jeu créatif et valeur ajoutée)

La conférence est présentée par ICI, le Programme Intervenants Culturels Internationaux de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM, en collaboration avec VIVRE AVEC– Espace de recherche-création et lieu d’échanges.

Biographie

Julie Bawin

Julie Bawin est professeure adjointe au département des sciences historiques, Université de Liège, et professeure invitée au Département d’histoire de l’art et d’archéologie, Université de Namur. Elle est l’auteure de plusieurs publications, de textes, dossiers et catalogues d’exposition sur la création plastique actuelle.